Rivages

Chronologie du naufrage du Kaisari du 13 janvier 1901

Dans ce naufrage un des plus importants de la Réunion 25 marins ont disparu et ont fini par être oublié.
Le Kaisari était de passage à La Réunion en ce début de l’année 1901.
Son nom est magique, il est véritablement indo-européen il veut dire empereur ou impératrice.
Soit de Kaisar en perse, qui vient du latin César, du grec il donnera tsar ne russe, Kaiser en allemand et kaisari en indi, et enfin Kaisar-i hind l’impératrice des indes nom qui fut donné à un fameux bateau de passagers entre l’Inde colonial et l’Angleterre, célèbre navire anglais. On trouvera des villes portant ce nom aussi bien en Turquie qu’en Grèce, sans parler des multiples Césarée. A l’évidence ce nom a été soigneusement choisi à la fois parce qu’il n’est pas un voilier qui dépend du vent, et par le symbole qu’il représente, il rapproche les civilisations.

Le Port de la Pointe des Galets aurait pu être son havre. Mais il a choisi, ou peut être a-t-il été incité à tenter de forcer le passage jusqu’à Maurice. On l’ignore pour l’instant.

Revenons sur le déroulé de ce tragique épisode :

le 9 janvier 1901

L’Iraouaddy, venant de Marseille (capt Bevilaqua) est arrivé au port : il ramène Herman un Conseiller général et sa famille.

Ce jeudi 10 janvier vers 5h 35 3 bateaux reçoivent l’ordre d’entrer au port : il s’agit du Matapan, Ville de Paris et du Corsaire. Progressivement ils rentreront.
Dès lors vers 17 h selon un rapport officieux le Kaisari prend la mer. La baromètre n’est pas bon, la mer s’agite on parle de mini raz de marée dans la baie de Saint Denis, a 16h l’échelle du pont de fer du Barachois est relevé.

vers 5h 45 Colibri , 6h Ker Joseph, 7H 05 Druentia quittent leur mouillage dans la baie de Saint Denis, et prennent le large pour se mettre à l’abri. Le Druentia tente de rejoindre Saint Pierre en passant par l’ouest, il s’échouera, aussi Saint gilles après avoir passé Saint Paul sans trop de difficulté.

Vers 8h30 pour le Jir le mauvais temps prend définitivement la forme d’un cyclone cela fait déjà plus 1h30 au moins que le Kaisari est en mer : il n’est pas loin de SAINTE ROSE à 45 miles au large.

Vendredi 11 Janvier 1901

le Kaisari n’est toujours pas arrivé à Port Louis.

L’Iraouaddy est arrivé à Port Louis dans la nuit, mais non le Kaisari.

On ne saura rien sur le sort du Kaisari jusqu’à la divulgation de son naufrage dans la presse le 16 janvier 1901.

Le pavillon bleu est hissé sur la rade de Saint Denis. Les bateau doivent partir et se mettre à l’abri, un cyclone est bien là.

.En fuite Le Colibri et le Ker joseph passeront en mer le cyclone sans Nom.

Le Kaisari, seul en mer, se bat contre le cyclone Sans Nom. Dorénavant Il comprend qu’il n’a plus à faire à un simple coup de mer.

Samedi 12 janvier 1901

Le Kaisary ne passera pas.

Le Pandua, de Port Louis comme le Colibri et le Ker Joseph, préféreront à juste titre prendre la fuite
L’Iraouaddy à Port Louis brise ses amarres et chasse sur ses ancres dans la nuit du 12 au 13 Janvier pour s’échouer sans grand dégât ( Hot barkly), la nuit du naufrage du Kaisari.

Dans le même port, cette même nuit le Muttra talonnera, la goélette Kaléda s’échouera près des docks sans grande avarie suivi de l’Ebenezer. Le cyclone sans Nom secoue
.
11h42 le Louis Diligent, s’échoue à l’Ermitage.

Le Kaisari toujours seul et ignoré dans son combat de survie. Cela fait 2 jours qu’il lutte en solitaire comme la chèvre de M Seguin et comme il finira par rendre les armes.

Il n’est pas si difficile d’imaginer l’angoisse, la peur, la crainte et le désespoir qu’il faut sans cesse repousser, de ces hommes qui pris dans une situation sans retour se sont battus pour une lueur, que nous les vivants d’aujourd’hui, nous savons qu’elle aura été vaine.

Le 12 janvier courant le commandant tient « conseil avec ses officiers sur la possibilité de retourner dans le port de la Pointe des Galets, mais on se rend compte qu’il est difficile de retourner au port « attendu que depuis 2 jours on avait pas vu le soleil ni les étoiles pour pouvoir établir le point et pour retourner d’une façon sûre et certaines ».

Pour s’en sortir le Kaisari n’a plus qu’une solution : serrer les dents et tenir. Il ignore où il se trouve et de toute manière on ne pourrait pas lui venir en aide en plein cyclone sans Nom.

Nuit du samedi 12 au dimanche 13 janvier.

Vers une heure du matin le gouvernail tombe en panne. Le bateau devient ingouvernable. Il ne peut plus se diriger, il ne peut tenir une route, il est obligé de subir le temps, c’est-à-dire le vent, la pluie et les gigantesques vagues qui le secoue dans tous les sens. Ainsi un fil supplémentaire s’est coupé.

Puis on devine, on aperçoit une terre. On sait que c’est là que le drame va se jouer et se conclure. Les machines sont stoppées.

L’ordre est donné de s’équiper avec des bouées de sauvetages, de se préparer à abandonner le navire. On ne compte pas sur les chaloupes de secours.

Entre 0h40 et 1h : , le Kaisari, ne peut rien faire face aux falaises volcaniques de aux « Terre rouge «  à l’entrée de l’Anse des Cascades. Il est drossé sur contre ces murailles et s’échoue contre elles dans le ressac d’une mer furieuse.

On tend des câbles entre le bateau échoué et la cote, aidé en cela pour deux saint-rosiens MM Octave Olsance et Guillaume Fabrey qui ont rattrapé les bouts pour permettre à l’équipage de quitter le navire éventré.

Ils sauveront 53 marins, 25 périront dans ce drame dont le commandant qui au moment de quitter en dernier son bord, sera happé par une vague. On peut tout imaginer. S’est-il laissé tomber, happer par un sentiment de culpabilité, lui qui avait la responsabilité d’un équipage.

Les naufragés sont recueillis par la famille Adam de Villiers.

Mercredi 16 janvier 1901

L’Adieu au Kaisari

A. Dowie, officier en second du Kaisari, le capitaine a fait partie des disparus retourne sur les lieux du naufrage pour constater que le Kaisari brisé en deux, échoué, les ponts déchirés par la rage de la mer, martyrisé, ne peut être renfloué.
Le corps du mécanicien en chef est retrouvé et enterré au cimetière de Sainte Rose.

IL s’agit de A. Kidd. On peut encore voir sa tombe. C’est aussi le nom d’un célèbre pirate du 18ème siècle qui écumé notre mer.

C’est la dernière mention officielle du Kaisari

16 janvier 1901 : annonce du naufrage du Kaisari par le JIR, soit 3 jours après le drame.

Dimanche 19 janvier 1901

Une semaine après le naufrage les 52 membres survivants de l’équipage rejoignent enfin Maurice à bord du Corsaire, sachant que la route de Sainte Rose est dévastée, le pont brisé et la ligne télégraphique inutilisable : sont-ils partis de la marine ?

M Piat du consulat britannique a traversé à la nage deux radiers … pour rejoindre les survivants du naufrage et organiser leur départ.

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