JEP 2017

Pour la troisième fois depuis sa création en 2013, l’association Rivages & Patrimoine s’est mobilisée afin de proposer au public une manifestation s’inscrivant dans les Journées Européennes du Patrimoine 2017. Les 16 et 17 septembre, 87 visiteurs se sont invités sur le parcours concocté par trois associations : Les Aventuriers de l’Est, Rivages & Patrimoine et La Roseraye. En famille, entre amis ou seul, chacun a pu découvrir les patrimoines littoral, industriel et maritime de Sainte Rose.
L’organisation générale avec l’élaboration d’une communication commune a donné cohérence et identité à cette balade pédestre.
Tout ce travail préparatoire ainsi que l’investissement des membres des trois associations ont mis en exergue quelques ressources insoupçonnées.
C’est ainsi qu’au travers d’artefacts bien visibles ou moins visibles car sous-marins, Toussaint, Geoffrey, Martine, Clovis et Laurent ont expliqué comment la commune de Sainte Rose s’est organisée. L’agriculture, les échanges maritimes, l’industrie liée à la canne à sucre, mais aussi l’instruction, les paysages façonnés par le volcan sont parmi les composantes qui ont contribué à cet agencement sociétal.
Accueillis à l’Espace Multi-Culturel, les participants ont cheminé de la Mairie jusqu’au site de la Roseraye en passant par la Marine et le sentier des laves. Les visiteurs ont progressé sur ce circuit patrimonial cadencé en trois parties, chacune animée par une association.

Sur la première partie présentée par Toussaint (Rivages & Patrimoine), tels des historiens, ils ont pu constater qu’au XIX siècle, une activité maritime intense animait la commune de Sainte Rose. On retrouve les traces de ce passé sur les fonds sous-marins où reposent de vénérables ancres. Une légende parle d’une cloche perdue lors de son transbordement vers 1870 et qui maintenant accompagnerait ces gardiennes immobiles. Le monument Corbett, la fontaine Lory, l’ancienne école des soeurs ont également jalonné cet itinéraire.

Puis tels des ethno-botanistes, ils ont arpenté le sentier des laves. Quelles soient endémiques, indigènes ou exotiques Geoffrey (Les Aventuriers de l’Est) expliqua que les différentes espèces végétales enracinées sur le littoral, ont également participé au développement de Sainte Rose. Comme l’emblématique vacoa qui a nourri, abrité  des générations entières, mais pas que ; une fois tressées ses feuilles sont encore utilisées comme ballot, leur côté tranchant se retrouve dans l’expression vernaculaire « Oté ma fiy ou lé pir kin feuiy vakoa » locution peu élogieuse pour celui qui en est le destinataire.

Enfin, tels des archéologues, Martine, Clovis et Laurent (La Roseraye) les ont accompagnés sur les fouilles d’une usine sucrière du 19ème, sise sur un domaine familial agricole. Avec ces vestiges et les explications étayées par des reconstitutions ou des documents d’époque, ces « explorateurs » ont pu saisir et intégrer la réalité de ce patrimoine industriel exceptionnel et rarissime à la Réunion. La scénographie leur a permis de s’imprégner de la matérialité d’un chantier de fouilles archéologiques.

De l’avis de tous, ce week-end patrimonial a été fort apprécié d’autant que la pluie fut absente, à l’inverse des baleines qui sont venues nous saluer à deux reprises.

Marc MUNICH, oct. 2017

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A partir de jeux,  une légende sur la disparition d’une cloche qui devait être installée dans le clocher de
la toute nouvelle église de Sainte Rose, vers 1870.